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Pourquoi vous travaillez le soir et WE alors que votre équipe a terminé ?
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Pourquoi vous travaillez le soir et WE alors que votre équipe a terminé ?

Dirigeants, managers : combien de problèmes portez-vous à la place de votre équipe ? La théorie des singes explique pourquoi vous n'avez jamais le temps - et comment y remédier concrètement.

Ce n’est pas une question d’organisation. Ce n’est pas parce que vous êtes moins efficace que les autres. C’est parce que vous portez des problèmes qui ne vous appartiennent pas.

Il est 19h30. Votre équipe est partie. Vous, vous êtes encore là, à finir un devis qu’un commercial vous a “juste passé pour vérification”, à répondre au mail d’un client qu’un de vos salariés a mal géré, à régler un problème de planning parce que personne n’a osé trancher. Vous n’avez pas un problème d’agenda. Vous avez un problème de singes.

Ce que sont les singes et comment ils arrivent sur votre épaule

En 1974, deux consultants américains, William Oncken Jr. et Donald Wass, publient dans la Harvard Business Review un article qui va devenir l’un des plus lus de l’histoire de la revue. Leur idée centrale tient en une phrase : chaque problème non résolu est un singe. Et ce singe est toujours sur l’épaule de quelqu’un.

Quand un salarié vient vous voir et dit “j’ai un problème avec ce client, je sais pas trop quoi faire”, deux scénarios sont possibles. Soit vous répondez : “laisse-moi regarder ça, je te reviens”. Soit vous dites : “qu’est-ce que tu penses qu’on devrait faire ?”

Dans le premier scénario, le singe a changé d’épaule. Il était sur votre salarié. Il est maintenant sur vous. Et votre salarié est reparti les mains vides, en attendant votre retour.

Le problème, c’est que ça se passe des dizaines de fois par semaine. Sans que vous vous en rendiez compte. Parce que chaque fois, c’est plus rapide de prendre le singe. Parce que vous maîtrisez mieux le sujet. Parce que vous ne voulez pas que ça se rate.

Trois profils qui portent trop de singes. Vous reconnaissez-vous ?

Le dirigeant sans DRH

”J’ai 12 salariés. Je gère tout moi-même : les recrutements, les entretiens, les conflits, les plannings, les arrêts. Quand il y a un problème avec quelqu’un, c’est moi qui dois intervenir. Je ne vois pas comment faire autrement.”

Le manager promu

”Je suis devenu chef d’équipe parce que j’étais le meilleur sur le terrain. Quand mes gars bloquent sur quelque chose, je répare. C’est plus rapide. Mais le soir, c’est moi qui finis à 19h et eux qui sont partis à 17h.”

Le dirigeant en croissance

”On était 8 il y a deux ans, on est 25 aujourd’hui. Les mêmes réflexes qu’avant ne marchent plus. Je suis toujours dans l’opérationnel alors que je devrais être en train de piloter.”

Ces trois profils ont un point commun : ils confondent être utile et porter les singes des autres. Ce n’est pas la même chose.

Pourquoi on récupère les singes. Les vraies raisons.

Ce n’est pas un problème de volonté. C’est un problème de réflexes. Voici les mécanismes les plus fréquents.

La rapidité : faire soi-même prend 10 minutes, expliquer comment faire prend 30 minutes. Le calcul semble logique, jusqu’à ce qu’il se répète 20 fois par semaine.

La perfection : vous savez que si vous le faites, ce sera bien fait. Si vous déléguez, il y a un risque d’erreur. Vous préférez le risque zéro.

La disponibilité : vous êtes toujours là quand quelqu’un a un problème. Votre équipe a appris que la porte est ouverte et que vous allez prendre en charge.

L’urgence : “là c’est urgent, je prendrai le temps d’expliquer la prochaine fois.” La prochaine fois n’arrive pas.

La culpabilité : renvoyer un singe, ça peut ressembler à abandonner quelqu’un. Vous ne voulez pas être ce chef qui dit non.

Ce que ça coûte vraiment : vous avez de moins en moins de temps pour votre vrai travail, la stratégie, le développement commercial, la relation clients, les décisions importantes. Votre équipe développe de moins en moins d’autonomie. Elle attend votre validation pour tout. Et dans 6 mois, le problème sera encore plus profond.

Renvoyer un singe, ce n’est pas abandonner quelqu’un

C’est le malentendu central. Oncken et Wass étaient formels sur ce point : renvoyer le singe à son propriétaire ne signifie pas le laisser seul face au problème. Ça signifie accompagner sans faire à la place.

Concrètement, la différence est là.

1

Identifier à qui appartient le singe

Avant d’agir, posez-vous la question : ce problème, qui devrait normalement le résoudre ? Si la réponse n’est pas “moi”, le singe n’est pas le vôtre.

2

Reposer le singe avec une question, pas une consigne

”Qu’est-ce que tu penses qu’on devrait faire ?” ou “Quelle solution tu envisages ?” plutôt que “Voilà ce que tu vas faire.” La différence semble minime. Elle est massive sur la durée.

3

Rester disponible sans reprendre le singe

”Tu me tiens au courant” ou “On en reparle vendredi” maintient le lien sans que le problème revienne sur vous. Votre salarié sait qu’il n’est pas seul, mais il est responsable de la prochaine action.

4

Accepter que ça prenne du temps au début

La première fois que vous renvoyez un singe, votre collaborateur sera peut-être surpris. C’est normal. Vous changez une habitude installée depuis longtemps. Persistez.

La question à vous poser ce soir

Avant de fermer votre ordinateur, posez-vous cette question : combien de singes portez-vous en ce moment qui n’appartiennent pas à votre épaule ?

Pas pour culpabiliser. Pas pour tout déléguer d’un coup. Juste pour voir. Souvent, le simple fait de nommer les singes qu’on porte, les mettre sur papier, identifier d’où ils viennent, suffit à changer quelque chose.

Le test simple : listez les 5 dernières choses que vous avez faites aujourd’hui. Pour chacune, demandez-vous : est-ce que quelqu’un d’autre dans mon équipe aurait pu, ou dû, le faire ? Si la réponse est oui pour plus de 2, vous avez un sujet singes.

Pour aller plus loin, nous avons conçu un auto-diagnostic pratique : Combien de singes portez-vous ce soir ? La fiche à télécharger.

Cet article s’appuie sur les travaux de William Oncken Jr. et Donald L. Wass, “Management Time: Who’s Got the Monkey?”, Harvard Business Review, 1974 (réédité 1999).

Ce contenu est conçu par notre équipe d’experts RH et management, à partir de situations réelles rencontrées sur le terrain. L’intelligence artificielle contribue à sa mise en forme sur ce blog.

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